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dimanche 2 octobre 2011

Spécial dédicace Steko : Gigondas Grand Romane

Bonjour,


Il y a quelques années, avec StéphaneC (Steko), nous avions arpenté le SVI en faisant le plein de Gigondas, appellation qui offre souvent un très bon rapport Q/P. A l'époque, séduit par la production du domaine Grande Romane 2002, millésime difficile, nous avions rempli nos "diables" de 2003, 2004 et 2005.

Les première dégustations, ici relatées, montraient un vin jeune style moderne avec un boisé classe torréfié un poil envahissant mais souvent une structure agréable pleine, dense avec des tanins soyeux, satinés quoiqu'un peu assechant selon les bouteilles.

Les dégustations réalisées il y a 2, 3 ans avaient laissées place à des vins assez grossiers, dissociés avec d'un côté des arômes empyreumatiques (torréfié), de l'autre, du fruit confit. Des bouches marqué de Kirch, voir d'alcool, des tanins évoluant vers le rustique et des finales puissantes s'exprimant plus par la chaleur que par l'équilibre. Bref grosse déception !

Je m'apprétais donc à me séparer de mes derniers flacons. Mais je voulais vérifier une dernière fois. J'ai donc commencé par 2004, millésime plutôt d'équilibre :

Gigondas, Domaine Grand Romane cuvée Prestige 2004 : Un nez de prune, de cacao, des notes typé animal viande sur un fond balsamique avec une pointe moka/caramel et kirch, légère sensation d'alcool, mais rien à voir avec mon souvenir, un jomli nez typique de la région, pas de bois outrancier, pas de confit, ça démarre bien. La bouche est corpulente, tanins veloutés, de l'ampleur en bouche sur le fruit noir mûr, le cacao, la prune, les notes balsamiques, à nouveau, sans être un modéle d'élégance, de finesse et d'équilibre, ce qui semble logique, le vin représente bien l'idée que je me fias d'un gigondas. La finale présente quand même une petite sécheresse, mais une jolie fraicheur équilibre l'ensemble bien que le côté un peu souple finisse par donner un ensemble un peu lache, la persistance se faisant assez courte sur la prune, le cacao, et le fond balsamique. Bref un joli vin TB 87 (15)

Fort de cette belle expérience, je profite du passage de NicolasS pour lui servir la version 2005, en aveugle, ouverte et non terminé la veille afin d'avoir un regard extérieur.

Gigondas, Domaine Grand Romane cuvée Prestige 2005 : Un nez agréable, typique, pas follement expressif, sur la prune, le pruneaux, fruit noir mûr, note épicée souk et fond cacao. La bouche est corpulente, large, expressive, sur la prune, la figue, pointe pruneaux, des notes épiées et fond cacao, des tanins satinés enrobant une structure vive, puissante, y'a du jus dans ce vin ! La finale est fraiche, dynamique, vive, pointe de chaleur, mais belle persistance de prune, fruit noir mûr, et fond cacao chocolat moka. TB 88-89 (15,5 - 16). Cette fois, c'est vraiment très bon, et Nicolas qui a bien identifié le Rhone acquiesse sur la qualité de cette bouteille.

Enfin, j'attaque ce WE, celle qui part avec le plus d'à priori (enfin moins après les deux dégusts précédentes), la version 2003 :

Gigondas, Domaine Grand Romane cuvée Prestige 2003 : Un nez puissant de cerise noire, cacao, pruneaux, note kirch et limite pointe volatile, un côté goudron et un fond torréfié balsamique, l'ensemble est plus marqué confit alcool sans être non plus insupportable. La bouche est corpulente, grosse densité de tanins ronds un peu assechant en finale, sur la prune, la cerise noir, le cacao, un ensemble mûr mais pas confit, pointe balsamique et note vanille. La finale est puissante et chauffe un peu, large mais longueur correcte sur le fruit noir mûr, kirch, cacao, balsamique. TB 86 (14,5). Certes, le vin est quand même marqué de son millésime mais cette 4eme bouteille 2003 dégustée est beaucoup plus harmonieuse que les précédentes et sur un plat qui convient, fait tout à fait l'affaire.

Conclusion 1 : Du coup, bien sûr, je vais garder les dernières, et Stéphane rassures-toi, finalement pour les 12 € que nous avons déboursé, nous avons de bien jolies bouteilles (surtout la 2005)

Conclusion 2 : cela m'a permis de me questionner sur l'évolution du vin. S'agit-il réellement d'une évolution incroyable du vin sous verre, ou bien d'une évolution du dégustateur ? Mes gôuts, les moments ou je déguste, les contextes sur le long terme, ma propre évolution sensorielle et expérimentale, peuvent-elles modifier à ce point ma perception. Je me questionne !

Amicalement, Matthieu