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samedi 20 septembre 2008

Les Tontons Pinoteurs Part 2

Face à la réalité matinale d'un brouillard vaporeux niveau gallure, fallait se rendre à l'évidence, on n'était pas loin du casque. Et pourtant, pas le temps de polir le gazon, pas question de faire marner le caîd du Chambertin qu'avait réglé la cloquante pour 10H00.
Parce que le Caïd, attention, c'est pas un baltringue, après une bacchanale digne des grands nababs, lui, il avait déjà aligné plus de tour de pédale sur le sentier des bois qu'on avait couvert de kilomètres d'asphalte pour arriver dans sa casbah !

D'ailleurs, frais comme un gardon, il attaque avec une mise en bouche régionale au délicieux fruit rouge, une bouche bien mûre aux tanins ronds qui finit sur la réglisse. Autant vous dire que le kawa de la Patronne n'était plus qu'un mauvais souvenir.
Surtout qu'on enchaîne avec le Beaune Teurons, du grand art, de la légèreté, de la largeur qui s'appuie sur une joli droiture qui vous emmène tout droit vers une persistance fruité et ronce, tout en finesse. L'Etelois s'annonce bien mûr avec une jolie charpente dans laquelle se fond un fruité encore un peu marqué par le bois, mais quelle sera belle. Puis on enchaîne sur les premiers crus, un Cherbaude très mûr, bien ample, tout en gourmandise et séduction, les Corbeaux ont un profil plus carré, et les Combettes plus droit. Mais le clou, c'est le Clos Prieur. Il a tout, la profondeur, la race… Parfaitement mûr, ces notes de fruit noir, de fruit rouge, s'accompagne d'épices, de réglisse… mais c'est surtout en bouche que c'est l'explosion. Sur une belle trame tendue, les petits tanins soyeux viennent tapisser la bouche pendant que la fraîcheur vous projette sur une finale enjôleuse, longue ou la matière prend la largeur pendant que les arômes, d'une classe folle, s'étirent sur un équilibre parfaitement maîtrisé. Renversant. Même les grands crus derrière se goûtent moins bien. Enfin quand même, le Chambertin, bien que réservé dans cette froide matinée, possède la force intérieure des plus grands et des tanins magnifiquement ciselés.
Tout ça confirme ce qui se murmure aux esgourdes des plus avertis, 2006 c'est Top chez ceux qui ont su combiner maturité du fruit et maturité phénolique.

Ce qu'est moins Top, c'est sorti de la profonde, la saucée typée british qui tombe sans discontinuer ! Rapport au casse-dalle que j'avais prévu dans les vignes !
Z'auriez dû voir le tableau : LeTaiseux, LeTaon, LeCerveau et moi, dégoulinant de jus de bénitier, le rassis au poulet au coin du bec, a jouer les hérétiques avec un Bordal de l'ami Cornélie, le tout, au cul du tank sur un parking de 2nde zone !
Et ce Cornélie : Ah, un haut-médoc, facture classique, un blair séduisant de cassis puis framboise aux notes lactées et un poil boisé. La bouche est charpentée, et dans le contexte, ça réconforte, surtout que le tanin est bien rond et se fond bien dans la droiture du breuvage. Bon, bien sûr, c'est encore un peu comprimé et marqué par l'élevage surtout dans sa finale boisée mais qui joue franchement dans le profil distingué. Enfin, t'en a pour ton larfeuille avec cette bibine.

A peine le temps de sécher que déjà, on retourne en profondeur, chez le sieur Castagnier à Morey. Un spécialiste de la soufflante qu'à tourner les talons à la carrière des plastrons à médailles et des épaulettes à bandes, pour se recycler dans le travail du fût. Ben, l'a pas eu tort le bonhomme ! Faut dire, question parcelle, il est servi, mais il leur rend bien.
Du jaja bien net qui joue la sincérité sans excès. Un Chambolle groseille, plutôt large qui finit par une pointe amer. Après un Gevrey classique, plutôt carré, c'est le Morey qui dépote. Un nez profond de fruit mûr, une bouche aux tanins calins sur une belle structure élancée qui persiste dans une finale fraiche au doux accents cacaotés, de la belle ouvrage. Si le Charmes Chambertin évolue sur un registre charnu, séduisant et finit long, le Latricières est plus droit et presqu'austère à ce stade. Des 2 clos, le St Denis a une belle matière, et un profil complet, tandis que celui de la Roche est plus effilé, long et droit. Pour finir, le Bonne Marre présente le compromis idéal entre une matière bien structurée et une délicatesse toute combuléenne, tandis que le Clos de Vougeot joue plus dans un registre puissant à la matière solide.
Enfin, on remerciera ce passionné aux talents multiples pour une politique de l'ardoise qui se fait rare sur les parcelles qu'ils cultivent.
Merci à lui pour ce chaleureux moment.

Enfin, après le rouge, LeCerveau nous avait concocté une dernière escale pour nous rafraîchir le gosier du côté de Saint-Aubin. Après une promenade brumeuse sur les hauteurs de la cambrousse ou LeTaiseux se régalait avec son tank tout terrain, mais ou on voyait que dalle sur le relief, rapport à la purée de pois, on débarque enfin chez Sylvain Langoureau.
Là, l'escale fût courte, car le succès du Patron des lieux a dépassé les frontières du village. Faut dire que ces St Aubin n'ont rien à envier à leur classieux voisin de Chassagne. Si le 1er cru, sur le sentier au clou, finit bien sec et devrait être au poil dans quelques années quand la matière aura absorber cette fraicheur, En Remilly se présente gouteux, intense, avec une matière bien ample et une finale beurrée longue soutenu par une belle acidité. A consommer dès aujourd'hui même s'il gagnera en sagesse dans la durée.

Mais ça y est, la cavalcade prend fin. Le temps de jeter LeCerveau au cracheur de vapeur direction Paname pour sa colle sur le langage des bridés, et on se fait un dernier dessalage d'éponge chez Pepita, au tonton, place de la Madeleine, un mangeoir première
bourre repéré par RémiLeTaon. Rien à dire, la tenancière fait bien les choses, le menu glisse tout seul. Histoire de ne pas perdre la main, on l'aide un peu avec une surprise du taon, un VDT blanc d'Henri Milan. Si les borgnes sont rois au royaume des aveugles autant vous dire que LeTaiseux et moi-même sommes passés pour des ballerines unijambistes, parce que placé ce picrate au sud, faut en avoir plus que Rocco quand il joue Siffredi … C'est sec comme un coup de trique et ça respire le silex, la pomme blethe mais quelle finesse, quelle longueur pour un VDT ! Sur le bœuf Bourguignon, on fait dans le classique, un Nuit saint Georges de R Arnoux 2002. Très bien dans un style intermédiaire tendance moderne, c'est soyeux, ample, large, un peu lacté et très mûr. Belle équilibre et joli longueur mais on aurait aussi bien pu être à Gevrey ou ailleurs, pour les puristes du terroir, y'aurait matière à discuter.
Le retour sur Paname est tranquille et si je devais donner les 3 quilles 2006 que j'ai le mieux dégusté, ce serait :
1 Clos Prieur RT
2 Champans Voillot
3 Petis Monts TLB
Amicalement, et au prochain printemps !