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Le vin, ça se partage ! c'est comme le bonheur... Le bonheur simple d'une dégustation de grand vin de Bourgogne ou d'une belle syrah ! Alors n'hésitez pas à consommer ce blog sans modération... A me faire des retours, des commentaires ou à me retrouver sur Le groupe du vin...

samedi 25 janvier 2014

Diner de rentrée : verticale de Beaucastel, ça commence fort !

Bonjour à tous,

Notre fine équipe s'est retrouvée au QG de la bande, le Vieux Chêne pour démarrer 2014 en fanfare avec une verticale de mon Châteauneuf du pape "favori" à savoir Château Beaucastel ! La joue de bœuf braisée proposée par Stéphane Chevasus a fait merveille avec ces quelques quartiers d'orange qui faisaient écho à ces même notes classiques du Châteauneuf , Topissime !


Tour d'abord 2 millésimes blancs.

Beaucastel blanc 99 : Trop oxydatif pour moi, je n'aime pas ces botes de noix, curry, olive.

Beaucastel Blanc VV 2005 : A nouveau des notes de miel, caramel, bouche souple avec de la noix sur un fond ambré tourbé, finale souple. Pas mon truc

Enfin on attaque les rouges dans l'ordre décroissant des millésimes.

Beaucastel 2008 : Nez fruit rouge, léger confit, note kitch, de garrigue qui donne la fraîcheur et un fond cacao chocolat pointe fumé et animal, bouche ronde souple pas grande matière mais soyeuse et sapide sur le fruit rouge mur, note poivre, épicé garrigue fond cacao chocolat pointe fumé, finale fraîche tendue belle persistance de fruit rouge mur note de prune garrigue fond cacao et retour fumé classe. De l''equilibre pas trop d''alcool et de puissance, parfait ! 92 (17)

Beaucastel 2007 : Nez ouvert corsé de fruit noir et rouge, pointe kirchée, note de prune de garrigue, fond cacao chocolat, bouche ample large tanins soyeux, dense, fruit noir mûr, note prune, poivre, finale puissante mais avec de la finesse, sur le fruit noir mûr, pointe kirchée, note garrigue, poivre et fond cacao. Excellent 92-94 (17-17,5)

Beaucastel 2005 : Nez plus discret mais plus fin, complexe, fruit noir, note garrigue, prune, figue, fond cacao, orange confite, bouche dense, juteuse, tanin soyeux, fins, précis,  puis de la fraicheur beaucoup de profondeur, qui prend le dessus donnant un coté austère, sur le fruit noir, la prune, la figue, note garrigue, thym, épice réglisse, fond cacao, finale fraiche tendue, longue persistance, encore un peu austère, tout est en retenue, sur le fruit rouge et noir, d'épices, sur un fond cacao, chocolat. Encore jeune et austère mais énorme potentiel 94-96 (17,5-18,5)

Beaucastel 2004 : Nez assez fermé, fruit noir, note animales légères, fnd cacao, bouche profil souple, tanins soyeux mais beaucoup moins denses, sur le fruit noir, la prune, finale souple fruit noir, pas d'une grand persistance et avec un fond animal, cuir. TB+ 91 (16,5)

Beaucastel 2001 : Whaou, jaillit du verre, des arômes complexes de fruit noir mûr, d'épices, de garrigue, fond tabac blond, cacao, fumé, La bouche est ample, large, tanins taffetas soutenus par de la fraicheur qui donne de la profondeur, c'est sapide sur les fruits noirs et rouges mures, la prune, les épices, l'orange confite, pointe encre et fond cacao, tabac, fumée, La finale est superbe, tout en équilibre avec une longue persistance de fruit mûr, de prune, d'épice, sur fond tabac et cacao. Magnifique 96 (18,5), j'adore !

Beaucastel 2000 : nez très marqué animal mais surtout avec une pointe serpillère qui évolue clairement vers le bouchon... Dommage !

Beaucastel 1999 : Nez complexe de fruit noir, pointe kirchée, note de prune, d'épice sur fond animal et cacao, bouche souple, moins de densité, tanins soyeux, note moka, fond animal, finale regagne en fraicheur avec une persistance honnête de fruit noir, pointe kirch, moka fumé et animal. TB+ 91 (16,5)

Au final, beaucoup de parenté entre les vins, surtout aromatiquement. de la finesse, peu d'alcool sentie, des équilibres qui me conviennent pour Châteauneuf et 2 grandes quilles 2001 et 2005 !

Amicalement, Matthieu

dimanche 19 janvier 2014

Dégustation de retour d'Alsace, des 2012 de haute volée !

Bonjour à tous,

Alors, il donne quoi ces Rieslings 2012 de haute réputation :

Riesling Pfersigberg Hertacker Ginglinger 2012 : Nez intense, d'une grande pureté, classe sur l'agrume, mandarine, citron confit, de la mirabelle, note florale marquée, chèvrefeuille, acacia, pointe épicée et fond de roche, de silex avec une pointe de craie. La bouche est droite, cristalline, fraicheur bien enrobée d'une matière dense, ciselée, taffetas, délicate, aérienne, sur le citron, la mirabelle, note de craie, de roche, de fleur, fond d'épice, de fruit quasi orientale. La finale est superbe, tout en équilibre entre puissance, fraicheur et matière dense, délicate, précise,  grande persistance de fruit jaune, mirabelle, citron confit, agrume, épice et fond de roche, pointe de craie, et là on peut parler de "minéralité". Très grande bouteille au profil sec Exceptionnel 95-98 (18-19) Pour les amateurs, à ne pas rater !

Riesling Schlossberg Mann 2012 : Un nez un peu réservé d'agrume mûr, pamplemousse confit, pointe ananas, note florale presque mentholée, fond de roche salin. La bouche présente une grosse attaque ample, granitique, puis ça se tend, matière puissante, des épaules, une belle tension, qui génère de la finesse, sur l'agrume, pamplemousse confit, citron, note roche silex. La finale est fraiche tonique, puissante et longue persistance d'agrume confit, de cédrat, note florale, fond de roche. Superbe+ 94-96 (17,5-18,5) goutte sec bien que l'on ressente une pointe de sucrosité mais quel puissance !

Riesling Eichberg Ginglinger 2012 : Un nez fin, séduisant, d'agrume mûr, pamplemousse, note fleur d'oranger, pointe miel, fond marqué de roche, pierre, silex. La bouche présente une attaque délicate, droite, belle tension puis s'impose une matière dense (plus que sur Pfersigberg), précise, mais qui garde de la finesse, il y a des épaules dans ce vin, c'est charpenté sur l'agrume, pamplemousse mur, l'orange, note fleurie acacia, fond de roche, avec un côté salin. La finale est précise, tendue, puissante, pure avec une belle persistance de fruit blanc, d'agrume, note fleur d'oranger, d'acacia, fond de roche. C'est sec et précis. très beau Superbe+ 93-95+ (17-18+) Un gros potentiel car beaucoup de matière !

Et pour finir, le vin qui a permis à Michel d'obtenir le prix Decanter (voir ici)

Gewurztraminer, Pfersigberg Ginglinger 2011 : Un nez joli, fin, de fruit exotique, passion, ananas, note litchi puis note fleurie sur un fond léger terpénique et roche silex. La bouche est ronde, grosse matière suave, légère sensation sucrée, fruit exotique, fruit de la passion, note litchi, épice puis un coté sirop sur un fond terpénique. La finale est ronde, ample, du volume, fruit exotique puis fumé tourbé. Pas le style de gewurz que je préfère, j'aime bien quand il y a un peu plus de fraicheur et de tension "minérale". TB 88 (15,5)

Amicalement, Matthieu

dimanche 12 janvier 2014

Plein de bouteilles entre les fêtes

Bonjour à tous,

Quelques bouteilles dégustées pendant les fêtes

Gigondas, Domaine Grand Romane 2005 : Un nez élégant de cassis, de prune, note encre, pointe fraiche garrigue, fond cuir et léger cacao. La bouche est corpulente, large, tanins ronds, de la fraicheur de la profondeur, pas une grande densité, sur le cassis, la mûre, note prune, mais aussi d'encre, de cuir, de cacao, profond presqu'austère. La finale  est fraiche, tonique, empreinte tanniques qui sèche un peu, belle persistance de fruit noir, encre, cuir, marqu" par ce côté encre qui ne fait pas très gigondas mais c'est bon ! Bien 88 (15)

Pomerol, Château du Domaine de l'église 1996 : Un nez a maturité, de cerise noire, myrtille, note cuir/animal, pointe encre, fond léger balsamique. La bouche est corpulente, belle tension, droit, tanins ronds enrobant la profondeur, aromatiquement, petit creux en attaque puis cerise noire, pointe épice, myrtille, note d'encre, fond cuir animal. La finale est fraiche, tonique, belle persistance de fruit noir, myrtille, note encre et léger épice fond balsamique. Bien 88 (15)

Vosne Romanée En Orveaux Domaine Guyon 2007 : Un nez classe de fruit rouge, framboise, grenadine pointe acidulé, note épice et sous bois, fond fumé classe. La bouche est corpulente aux tanins soyeux et caressants, pas une grosse matière mais une belle densité, structure droite, tenu par une certaine fraicheur, sur le fruit rouge, note sus bois, pointe épice, fond fumé classe. La finale est fraiche, bien enrobée et belle persistance de fruit rouge, pointe acidulée, épice, sous bois et fond fumé classe. Excellent 91 (16,5)

Meursault Poruzots Mikulski 2011 : Un nez marqué par une réduction pétard mouillé, qui a du mal à disparaitre, sur le fruit blanc, note de craie marqué, pointe florale et fond noisette, aubépine. La bouche attaque ample puis ça se tend, droit, frais, de la profondeur, sur la poire, la craie, note aubépine, pointe florale fond noisette mais toujours ces notes pétards. La finale est tendue, profonde, belle persistance de fruit jaune, de craie, d'aubépine. Une structure comme Tesson avec une aromatique qui ressemble à des Cras ! Mais la réduction sur cette bouteille est limite (pour moi en tout cas), ce ne sera donc que B+ 88 (15+).

Saint-Aubin, En Remilly Sylvain Langoureau 2008 : Un nez séduisant de poire ,de coing, note grillée pierre fusil (reduc ?), fond crayeux léger vanille. La bouche est ronde, ample, bien soutenue par une fraicheur vivace, sur le coing, la poire, note aubépine, amande, pointe chèvrefeuille et fond crayeux,. La finale est ronde puis tendue, longue persistance, poire, coing, note beurrée et fond crayeux. TB 90 (16)

Meursault, Genévrières Latour Giraud 1999 : Un nez discret mais très élégant de fruit blanc, note de noisette, de grillée, pointe crayeuse, fond beurrée et léger caramel. La bouche est tendue, matière ronde au toucher gras mais avec une grosse acidité qui tend le vin, sur le fruit blanc, un côté ambre, terre, roche, des notes beurrées, brioche touche caramel, fond salivant, salin avec une pointe crayeuse et fumée, très délicat. La finale est tendue, bien enrobée et offre une belle persistance avec une pointe amer noble, style austère, sur le fruit blanc, l'amande, note fumé, brioche dorée, fond de craie, salivant. Excellent 92 (17)

Gigondas Guigal 2007 : Un nez séduisant, intense, de prune, note garrigue, épice, pointe kirchée, fond cacao. La bouche est charpentée, ronde, tanins soyeux amples, sur le cassis, la prune, note épice, pointe kirch, fond cacao et garrigue. La finale est ronde, puissante, belle structure qui tient la finale sur la matière, sur le cassis, la garrigue, les épices, fond chocolat et léger fumé. C'est très bien fait, c'est bon, c'est typique, que demandez de plus ? TB 90 (16)

Chablis, Vaillons Droin 2001 : Un nez séduisant de fruit blanc, note coquille d'huitre et terpénique, mousseron sur fond de roche. La bouche est ronde, tendue, belle matière avec une pointe de gras, sur une grande tension, sapide, crayeux, presque savon, note mousseron, de coquille d'huitre, fond de foin. La finale est fraiche, tonique , belle densité de fruit blanc, pomme, note crayeuse, savon, et foin, fond mousseron et champignon. TB-Ex (91) 16+

Amicalement, Matthieu

dimanche 5 janvier 2014

Séance d'analyse : Chassagne En Remilly 2011 en 2 élevages

Bonjour à tous,

Depuis mon retour de Bourgogne, je voulais faire cette dégustation comparative entre 2 vins issus des mêmes raisins (ceux de Thibault Morey Coffinet) mais élevés par deux de mes vignerons favoris. J'ai profité de notre petite semaine à Colmar pour faire l'exercice avec Nicolas et Marie.



A gauche : Chassagne Montrachet En remilly Morey Coffinet 2011, a droite Chassagne Montrachet En remilly Buisson Charles 2011, issu de la même parcelle, même raisins, mais vinifié et élevé par Patrick, vigneron à Meursault. Alors la patte du vinificateur se fait-elle sentir ?

Chassagne Montrachet En remilly Morey Coffinet 2011 : Un nez avec à l'ouverture une pointe de réduc grillé fugace puis c'est harmonieux, séducteur en diable, entre fruit blanc mûr, note léger grillé, pointe amande, aubépine, fond boisé classe de brioche toasté, fumé, bien intégré pointe léger vanille. La bouche est ample, sexy, matière pointe de gras, structure droite sur le fond, sur le fruit blanc, l'aubépine, l'amande grillé, et fond léger beurrée, brioche toastée. La finale est ample, sexy, pointe crayeuse, sur l'aubépine, pointe chèvrefeuille, l'amande et un boisé grillé classe. Excellent. Je retrouve bien la patte de Thibault avec des élevages bois classes, mais aussi une précision et une pureté d'école sans omettre la petite touche ronde et sexy du cru.

Chassagne Montrachet En remilly Buisson Charles 2011 : Un nez pure, plus sur le fruit blanc, la poire, note chèvrefeuille, pointe aubépine, fond léger amande grillée. La bouche est plus droite, moins enrobée, plus de tension ressentie sur le fruit blanc, puis le chèvrefeuille, le citron, fond léger crayeux. La finale est ronde puis plus tendue sur la poire, le fruit blanc, l'aubépine, fond chevrefeuille (presque tarte citron meringuée) avec un très léger boisé fumé. Excellent. Un vin moins marqué par le bois surtout en fin de bouche ou la tension se fait plus présente et du coup le cru se fait un peu moins "sexy" que chez Thibault. A nouveau, je retrouve la patte de Patrick avec une recherche de "pureté", un élevage bois différent (plus en retrait ?), en tout cas, pour une première c'est une réussite !

Conclusion : même si le vin globalement a une structure et une nature identique, je trouve que la patte des vignerons se sent. D'ailleurs Nico a assez rapidement retrouvé le "géniteur" de chaque bouteille. Je pense à l'aveugle que j'aurai aussi retrouver tant, après quelques années de dégustation de leurs vins, on retrouve une part de leur savoir faire, de leur sensibilité, de leur approche des crus. Un exercice passionnant et j'ai hâte de remettre ça avec les 2012. Patrick, après une première expérience, cherchera surement à aller plus loin sur son 2012, en dehors même de la qualité des raisins. Et la comparaison sur un millésime de meilleure réputation n'en sera que plus "jouissive" !

Amicalement, Matthieu

samedi 4 janvier 2014

Réveillon de rêve pour le nouvel an à Colmar : beaucoup de plats, beaucoup de bouteilles

Bonjour à tous,

RDV avait été pris cet été avec nos amis Alsaciens pour finir chaleureusement cette année 2013. Ces quelques jours à Colmar furent une vraie respiration et un véritable dépaysement dans ces décors de fête. Les promenades en ville ou dans les vignes, sous un temps très clément, nous permirent d'éliminer les quelques excès concédés dans ces moments de fêtes (grimper le Sommerberg, ça aère sérieux).

Justement, la soirée du réveillon, organisée de longue date, fût le point d'orgue de cette semaine festive et rafraichissante. Le menu fût assez classique mais avec de magnifiques produits : huitre fines claires N°2 absolument superbes, saumon fumé du meilleur traiteur Colmarien, terrine de foie gras maison réalisée de main de maitre par Marie. Pour le plat, l'échine de porc confite 7H avec ces navets boule d'or et la purée de panais fût une réussite de tendresse et de saveurs associés, tandis que le plateau de fromage de compétition, le fondant au chocolat et la salade de fruit apportèrent la touche de fraicheur parfaite pour bien démarrer 2014.

Evidemment, lorsque vous faites ce genre de diner avec des passionnés de vins et 2 des plus grands vignerons Alsaciens, vous buvez bon, voir très bon et même exceptionnel par instant.

Très peu de bouteilles flinguées et quelques photos manquantes... Pas pris de notes pendant le dîner mais les discussions furent passionnées et passionnantes pour chaque bouteille dégustée car Michel Ginglinger et Jean Boxler sont aussi de véritables pointures et connaissent le vignoble Français remarquablement. Dégustés (et même bue...) à l'aveugle, en grande forme, j'ai identifié nombre de millésimes et quelques appellations. ça devait être la proximité de ces deux pointures Alsaciennes ou l'émulation autour des commentaires... C'est tellement rare que je m'auto congratule pour bien démarrer cette année 2014 !

 
Les vins les plus notables, et pour démarrer tout de suite très fort, ce superbe Riesling Ginglinger 1970 (grand millésime Alsacien), assemblage d'Eichberg et Pfersigberg, qui avec son fond pétrolant légèrement, a une classe folle, les agrumes confit en rétro se mariant parfaitement aux épices safran et cette pointe pétrolante (plutôt terpénique, encaustique), superbe vin. Ensuite, même genre, mais un peu plus rond et plus jeune, superbe aromatique, avec une bouche présentant une pointe de gras, mais gardant une fraicheur suffisante, je dis Riesling 2000 pour ce beau vin, que je place plutôt en granite, bien pour le millésime, moins pour le terroir. Riesling Clos Hauserer 2000 ZH; Excellent. Ensuite le Bouzeron d'Aubert 2011 nous a balladé du Chablisien à Vouvray, difficilement identifiable mais un joli vin bien fait (pour une fois que je goutte bien ce vin !). Arrive ensuite, un vin superbe d'équilibre, Nicolas met en jeu ses bijoux de famille pour un Sancerre, Jean qui a apporté ce vin, rigole. Moi je ne trouve pas ça variétal du tout pour un sauvignon, mais l'équilibre par contre correspond bien. Très pur et précis, avec une belle maturité soutenue par une fraicheur bien enrobée fait très 2010, on attend la note de buis qui ne vient pas. Mais je n'ai pas non plus le mousseron, ni la coquille d'huitre du Chablis, je sèche. C'est bien un Sancerre, bravo Nico, et ce Petit Chemarin de Vincent Pinard 2008, le bien nommé, est un très joli vin ! Le Montlouis Remus plus 2008 de Jacky Blot est nettement moins réussi, un peu lourd et pataud avec des notes boisées marquantes, assez caricatural, je l'ai même identifié. Le Meursault 99, également identifié, a un nez assez classique avec une pointe de réduc à l'ancienne, une bouche bien tendue et bien enrobée et une finale un peu tranchante, bien dense et jolie persistance toasté beurrée avec du fond. Excellent 92 (17) ce Meursault 99 Tête de Murger Spécial de Patrick Javiliers. On monte encore d'un cran avec le Chassagne Cailleret 2001 de Ramonet en magnum. Un nez superbe de finesse d'intensité et très harmonieux, une bouche ample à l'attaque, matière suave équilibrée par une fraicheur d'école, une finale tout en équilibre avec une pointe de puissance et une longue persistance très classe. Exceptionnel 96 (18,5). On passe au rouge.

 
Et ça commence très fort avec la bouteille de Stéphane. Un nez typique de vieux Beaune à maturité avec ce petit fond moka ou sauce Maggi comme dirait Michel. La bouche soyeuse équilibrée par une pointe acidulée, tout en équilibre, finit tonique avec une persistance immense. Je lance Beaune 85, stephane me dit plus vieux, je répond 78 (ce qui ne m'étonne guère après coup ;-) et a nouveau superbe 95 (18) pour ce Beaune Clos des Mouches Drohin 78. Je sers ensuite Bon Pasteur 85 qui va tout à fait tenir son rang, pas beaucoup de truffe pour un vieux Pomerol, mais la structure en bouche tient bien, apportant la densité qui tient le velouté du merlot mûr. Une jolie finale bien persistante sur un fond de vieux cuir et de fruit rouge légèrement kirché joue bien la partition. Tout le monde apprécie. Excellent 93 (17). Le vin suivant est bien dans la même lignée, mais bien plus jeune. Un nez encore légèrement boisé avec une pointe de caramel/vanille mais une bouche irréprochable, belle structure tannique plus charpentée, une rondeur de merlot, de la fraicheur et une finale bien équilibrée et longue avec un début d'évolution. Jean et moi partons pour Saint-Emilion (Stéphane aussi je crois) et je pense qu'il s'agit de 2001. Quand je pense que ce vin a failli ne pas avoir l'agrément, pas assez caractéristique !!!! 12 ans après, ce Saint-Emilion Soutard 2001 pourrait sans doute en montrer à bien d'autres, bravo François (De Ligneris). Ensuite, je sers ma 2 eme bouteille ouverte depuis le matin. Je vois quelques rictus mais de "crispation" maxillaire, il faut dire que cet Hermitage La Chapelle 95 de Jaboulet, est encore Très jeune. Superbe profondeur, c'est droit et cistercien, le millésime déjà austère, renforçant ce caractère classique des grands Hermitages, mais là l'acidité est encore saillante et la matière ne l'enrobe pas encore suffisamment. Très beau vin pour qui aime ce style, ce qui n'est pas le cas de nos amis Alsaciens. Jean craint de servir son vin suivant, il faut dire, grand écart dégustatoire... Jeune, nez de pinot très mûr, fruit noir, épice, réglisse sur un fond boisé classe. Bouche soyeuse, ample, pleine de gourmandise avec une sucrosité marquée mais gardant un équilibre intéressant avec une belle finale. Je pense à un Pinot nuiton de 2009, très joli vin que ce Nuits St-Georges Aux Boudots 2009 de Méo Camuzet. Enfin, Nicolas propose un dernier vin, a nouveau ça pinote, mais c'est plus évolué, dans un style sauvage, surtout en bouche ou l'acidité est assez forte mais pas encore bien enrobée par une matière sauvage, c'est puissant, carré avec une finale fraiche, longue, typique selon moi du millésime. Je place ce vin à Gevrey en 2002 ou éventuellement à Morey. Bien pour le millésime, par contre ce Chambolle Musigny Roumier 2002 ne fait pas très Cambuléen. Petite déception au vue de l'étiquette sur cette bouteille.

On ne pouvait pas finir sans quelques sucres quand même. Jean a apporté une VT 96 (Riesling ou Pinot gris, c'est au moment de minuit, et dans la confusion, je ne me rappelle plus) de très belle qualité, bien équilibrée entre acidité et sucre, a tel point que le profil fait plutôt demi-sec. Mais Nicolas a ouvert une bombe atomique. tout le monde s'incline devant cet équilibre d'école, alliant harmonie, délicatesse, puissance, finesse et immense persistance avec une pointe de gourmandise. Très grand vin que ce Pinot Gris, Clos Windsbuhl VT 94 de Zind Humbrecht. Exceptionnel 97 (18,5). Quelques bulles ont été ouvertes mais ce n'est pas mon style, aucun souvenir sauf le crément de Michel qui faisait beaucoup plus vin que les Champagnes.

Les vins ont été terminés sur les jours suivants (le lendemain fut difficile car le crachoir était loin de moi...:-) et les meilleurs ont confirmés leur grandeur le lendemain (Clos des Mouches, Chassagne et Pinot VT).

Très belle soirée, finit tardivement comme il se doit et qui a magnifiquement clos cette année 2013 que j'oublierai vite et lancer superbement 2014 !

Amicalement, Matthieu