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Le vin, ça se partage ! c'est comme le bonheur... Le bonheur simple d'une dégustation de grand vin de Bourgogne ou d'une belle syrah ! Alors n'hésitez pas à consommer ce blog sans modération... A me faire des retours, des commentaires ou à me retrouver sur Le groupe du vin...

dimanche 2 septembre 2012

Vacance flemme oenologique : Chambertin, Lynch Bages, Corton Charlemagne

Bonjour à tous,

Excellentes vacances ou j'ai stoppé toutes activités y compris oenologique ! Pourtant de grands moments oenophilliques au cours de ce périple en 3 étapes.


Première étape riche de dégustations et et de rencontres. Merci à Nicolas et Marie pour leur accueil. Quelques bouteilles magnifiques : Corton Charlemagne Bouchard P&F 2006, superbe tension, grande matière et persistance d'école pour ce Corton nerveux et dense qui commence tout juste sa longue vie. Excellent+. Un Sauternes Climens 1982, d'excellente facture, à peine marqué par les sucres, peu de botristis mais beaucoup de fraicheur, avec ma science inégalée, je l'ai évidemment placé en Alsace sur une VT Excellent 94... Là ou j'ai eu l'air le plus ridicule, c'est cet Echezeaux Domaine Bernard Mugneret 1995, persuadé d'être à Bordeaux, tant la profondeur, les notes graphites, fumées et la fermeté des tanins m'ont fait pensé à un Bordeaux 95. Excellent 92. Le Chateauneuf du Pape Bosquet des Papes 1989 est conforme aux grandes bouteilles qui ont été engendrées sur ce superbe millésime de Rhone sud. Un nez complexe, de fruit mûr, de cuir, de champignon, de prune, figue et fond fumé, une bouche ronde, ample, tanins denses et soyeux, et de la persistance dans une finale puissante mais gardant volupté et précision. Grand vin. Excellent 94.

Cette étape fût l'occasion d'une très belle rencontre avec François des Ligneris, qui nous a fait le plaisir de venir finir la soirée avec nous après la fin du service de son restaurant L'envers du Décor à Saint-Emilion. Nous avons évoqué avec lui de nombreux sujets, sur le vin bien sûr, et donc sur la vie, le travail, les valeurs... Son histoire avec Soutard, son futur avec le restaurant, ses vignes de merlot en entre deux mers, son domaine des Corbières. Mais aussi, ses amis, nos amis, la musique, le théatre, l'administration, l'état, l'entreprise, entreprendre, avancer, donner un sens... tous ça en sirotant son Envers du décor dont il a dessiné l'étiquette (il a dessiné plusieurs étiquettes pour cette cuvée, de nombreux clins d'oeil aux vins de Bordeaux ici), cette cuvée 100% merlot de 2003 qui garde fraicheur et rondeur, un vin sans fard, gourmand et bonhomme comme le bonhomme ! Une vrai belle rencontre merci à Marie et Nicolas.


Pour cloturer cette étape, deux grands Bordeaux. Saint-Emilion Corbin Michotte 88, sorti tout droit de la cave de Nico, ce classique Saint-Emilion (retrouvé l'appellation mais pas l'année) présente un nez superbe de fruit noir, de havane, une pointe d'encre qui donne la profondeur, une bouche charpentée, soyeuse, intense, dans une structure droite et profonde, des tanins superbes de précision avec la petite fermeté du millésime et une belle et longue finale. Un vin de gastronomie parfait à table. Excellent 92. Le Pauillac, Lynch Bages 96, ne fait que commencer sa longue vie. Quelle matière, quelle densité ! Un nez très cabernet mûr, de cassis et ses notes de poivrons grillés, sur un fond graphite, tabac blond et fumé. Une bouche robuste, grosse matière encore un peu sauvage, mais soyeuse, puissante, grande intensité aromatique et finale qui en impose entre classe et muscle sur une très belle persistance. J'attendrai encore 5 ans les prochaines. Excellent+ 94-96.

Changement de décor pour la suite. Plus tranquille, seulement quelques diners avec une bouteille partagée à 4. Comme ce Chateuneuf du pape, Domaine Font Michel, cuvée Gonet 2001. Un vin qui a digéré son élevage et qui propose un joli nez classique de prune, figue, cacao, avec une pointe de cuir et un fond fumé moka maintenant bien intégré. Joli bouche, belle concentration qui accompagne bien la fraicheur et la finesse du millésime. finale classe et longue. Excellent 92.

Une belle surprise que ce Gevrey Chambertin VV Dom Laurent 2002. Si la première bouteille ne m'avait pas emballée, celle-ci se présente beaucoup plus gourmande, sur le fruit mûr, la réglisse avec des notes boisées marquées mais bien intégrées et classe. Une bouche croquante, une belle matière soyeuse, de la gourmandise car de la fraicheur et une belle finale mûre. Très Bien+ 90

Enfin, le roi des vins s'annonce, le Chambertin par Rossignol Trapet 2001. Un vin à maturité, avec un nez complexe, mélant fruit noir et rouge, des notes de réglisse, de zan, une pointe de cuir et fond fumé. Une bouche corpulente à la matière trahissant son millésime, mais soyeuse et fine, presque de la dentelle, ce qui est un comble pour un Chambertin ! Mais quelle finale, complexe, longue, et persistance magestueuse ! Un très grand vin. Excellent 95


Pour finir, on notera un très grand Gewurztraminer Ginglinger Pfersigberg 2001. Un nez puissant mais fin, mélant roche et fruit éxotique, une bouche équilibrée ou le sucre est à peine perceptible, une finale minérale (je ne l'écris jamais mais là ça me fait plaisir !) ou se mêle fruit exotique d'une part et calcaire, silex, chevrefeuille et tension de l'autre. Excellent 93

Un Chassagne village de l'ami Thibault Morey-Coffinet qui a scotché tous les convives tant ce vin est un modèle d'équilibre, de classe avec cette petite pointe gorumande un peu canaille. Excellent 91. Un Pessac Carbonieux blanc 2007, frais, un poil marqué par l'élevage sur cette bouteille mais avec beaucoup de profondeur, et de distinction. TB 90. Une Cote Rotie Bonnefond 2005 qui a mis 4H00 a donner la pleine mesure de ses notes de cassis poivre et pointe violette mais surtout à délivrer la précision, la délicatesse et l'intensité de sa bouche (2005, un millésime d'une extrême délicatesse et finesse de tanins). TB-Excellent 90+

Vivement l'année prochaine.
Amicalement, Matthieu