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Le vin, ça se partage ! c'est comme le bonheur... Le bonheur simple d'une dégustation de grand vin de Bourgogne ou d'une belle syrah ! Alors n'hésitez pas à consommer ce blog sans modération... A me faire des retours, des commentaires ou à me retrouver sur Le groupe du vin...

samedi 25 juin 2011

95 à Bordeaux, c'est pas mon truc : Leoville Poyferre, Haut Bailly, Dauzac, Certan Giraud

Bonjour à tous,
Après la magnifique soirée consacrée aux Bordeaux 96, une discussion sur le millésime 95 s'était soldée par "goutons voir si le vin est bon" ! RDV a donc été pris lors d'un passage de l'ami Nicolas sur Paris.

On attaque avec un blanc apporté par Nicolas :
Le blanc : Un nez de citron, de chevrefeuille, un côté tarte au citron, note de silex, un côté salin, tout cela fait très Riesling. La bouche est tendue comme un arc, vive, presque écérée tout en proposant une matière ronde mûr et dense. La finale est tendue saline, sur le silex, le citron, de bonne longueur avec un retour sur l'agrume et des notes fleuries. Whaou, c'est sec de chez sec, ça fait très calcaire par la puissance et le côté incisif d'un millésime à forte acidité. J'envoie 2008. main non, c'est 2010. TB-EX 90-92 Riesling Drei Exa Ginglinger 2010. Si la matière enrobe le côté incisif, quel vin pour les huitres dans quelques années !

Les rouges :
Vin 1 : dès le nez, on voit bien que Mathieu nous a apporté un pirate fournit par l'ami Jean Pierre. Ultra-mûr sur le coco la vanille, avec de la volatile, ça fait plus tarte au fruit noir confit et glace vanille que vin. L'aération va quand même doucement le faire évoluer vers plus de finesse dans un registre "moderne" "international" du gout. la bouche à l'inverse surprend car elle ne présente pas une énorme matière mais plutôt un ensemble corpulent aux tanins ronds, un peu sec et franchement souple mais loin de la confiture qu'on imagine avec le nez. Aromatiquement on reste sur le fruit noir confit, la coco, la vanille. La finale est souple et fuyante, moins démonstartive qu'attendue mais franchement dans un style international même si de jolies notes fleuries finissent par percer la croute de coco vanille dominante. Un vin ambitieux, dont on sent que le vinificatuer a essayé de garder un peu de finesse. B 85-86 (14-14,5) Quinto do Noval 2007

Vin 2 : Là on est à Bordeaux quoique pas non plus un modèle du genre. Si le cassis marque, un côté pruneaux, kirch et fond encre donne un ensemble sans grand charme. La bouche est corpulente, droite, style austère avec des tanins ronds, cassis, pruneaux, encre. La finale encore astringente est mlarqué d'une certaine rusticité des tanins sur la cassis, la suis, l'encre. Je place ça en Haut Medoc, genre Moulis. Le vins est bon mais pas folichon. B-TB 86-87 (14,5-15). Margaux Chateau Dauzac.

Vin 3 : bouchonnée, grrrrrrr. Dommage pour ce Pougeaux

Vin 3 : Nez discret mais élégant de cassis, note bois précieux, pointe champignon, sous-bois sur un fond chocolat. La bouche est corpulente, tendue, droite avec des tanins ronds qui manque un peu de charme, sur le cassis une pointe de verdeur, le chocolat. La finale est fraiche mais bien enrobée, longueur correcte, sur le fruit noir, le chocolat et une pointe de champignon, truffe dira même Nicolas. ça manque de complexité mais le vin est agréable, plutôt réussi. TB 88-90 (15). Nicolas envoie Pomerol et il a raison, Chateau Certan Giraud.

Vin 4 : Un nez marqué animal qui nous envoie sur une proportion de cabernet franc, cassis, encre. La bouche est droite, tendue, encadrée de tanin enfin un peu soyeux, dans un ensemble équilibrée sur le fruit noir, le chocolat amer. Certain sentent un petit côté poussière, serpillère qui laisse supposer que la bouteille n'est pas net. La finale est acidulée, longueur correcte, et enfin un peu de fruit rouge. TB 88-90 (15,5). Je place ça a Saint Emilion mais perdu c'est encore Pomerol, Chateau Bourgneuf Vayron. Franchement ça fait pas Pomerol...

Vin 5 : Nez de cassis qui a l'ouverture exhale des notes pneu brulée, animal avec une pointe agrume peu élégante, a l'aération le vin s'affine et le cassis et une pointe fûmé rendent l'ensemble plus classe. La bouche présente plus de matière c'est charpentée avec des tanins plus amples et soyeux mais qui finissent une peu sec. La finale est fraiche et l'astringence renforce ce sentiment et je trouve que le vin tombe vite, et finit un peu fluide, par contre la longueur est bien meilleure avec un retour assez classe de cassis, graphite, fûmé. C'est un peu mieux que les précedents mais ça manque de joie. TB+89-91. Nicolas envoie Pessac, voir même Haut Bailly, il est en forme le bougre. Pessac, Chateau Haut Bailly. Ouaip, c'est bon mais y'a pas matière à s'extasier de mon point de vue.

Vin 6 : Enfin un nez rive gauche affirmé qui commence à ressembler à quelque chose de bon. Cassis, pointe kirchée, note d'épice, réglisse, et fond fûmé classe. La bouche est charpentée, ronde à l'attaque, avec des tanins soyeux mais qui finessent encore quand même avec une petite rudesse (mélande sec et astringent), dans une structure droite tendue mais mieux enrobée que les bouteilles précédentes. la finale est longfue et puissante sur un proifil frais de cassis mûr, d'épice, boite à cigare. La puisance et les épices et tabac me font pencher côté Pauillac, Nico reste à Saint Julien. Bien joué. Saint Julien Chateau Léoville Poyferré. TB-EX 90-92 (16,5). C'est toujours pas l'extase !

Enfin, on va boire du vin ;-) car Mathieu a apporté une spécial qui va illuminer la soirée ! MERCI Jean Pierre Charlot (c'est un cadeau qu'il nous avait fait) car cette bouteille de Volnay Champans 2007 va se révéler à la hauteur des précédentes :
Un nez qui PARLE, un nez joyeux, avec de la groseille, de la framboise mûr, des note de cerise, une pointe fleurie délicate et un fond léger fûmé classe. La bouche est un modéle de délicatesse et d'intensité. Des tanins soyeux, enrobants, denses, précis, bien mûrs, du fruit rouge gourmand, des points fleuries, sureau et ronce pour apporter le frais et un fond léger boisé fûmé pour la classe, l'ensemble donnant élégance et gourmandise. La finale est tout en équilibre, gourmande et longue, sur le fruit rouge mûr, la cerise, le noyau et un retour fûmé, chocolat bien persistant. Excellent 93-95. Merci jean Pierre et riche idée Mathieu que d'avoir apporté cette bouteille !

Bref, au final, 95 à Bordeaux comme à chaque fois en ce qui me concerne, c'est austère et surtout peu expressif, ça n'a même pas la profondeur ou le côté grandeur que certains millésimes austères peuvent présenter. Ce n'est pas mon style de millésime à Bordeaux dans sa phase actuelle. Il ya de belles bouteilles, voir grande, j'ai souvenir d'un superbe Mission Haut Brion mais si il faut aller jusque là pour se faire plaisir... Personnellement, j'en ai très peu en cave et je m'en contenterai car je ne suis même pas sûr qu'à l'instar d'un 75, les bouteilles y gagnent temps au vieillissement.

Amicalement, Matthieu