Bienvenue sur ce blog de dégustation


Le vin, ça se partage ! c'est comme le bonheur... Le bonheur simple d'une dégustation de grand vin de Bourgogne ou d'une belle syrah ! Alors n'hésitez pas à consommer ce blog sans modération... A me faire des retours, des commentaires ou à me retrouver sur Le groupe du vin...

samedi 12 juin 2010

Cuisine Thai et Gewurztraminer Ginglinger Pfersigberg

Bonjour à tous,


L'occasion d'un poulet Thai m'a permis de sortir ce Gewurz de belle facture. Connaissant le vin, la citronelle, le gingembre et le lait de coco ont joyeusement enrobée du filet de poulet revenu avec un peu d'huile de sésame pour corsé le plat et donner un peu d'amer.

Gewurztraminer Paul Ginglinger GC Pfersigberg 2001 : Nez très élégant ou le litchie se laisse envahir de note florale et de pamplemousse. La bouche attaque grasse mais la matière reste classe car s'appuie sur un fond frais droit, batie sur de beaux amers ou s'expriment le fruit exotique mûr mais pas de sensation sucrée. La finale joue sur l'amertume, avec une pointe de fraicheur bienvenue, on tombe pas dans le mou, bien que la matière ample et large persiste longuement au palais sur cette amertume classe, et d'une grande élégance. Bravo, Très bien + 90

Pour aller plus loin dans l'accord, suite à une discussion du DC : C'est la 3eme fois que je bois ce vin et donc avant de cuisiner j'ai relu mes notes ! Ceci m'a permis d'adapter le plat.

Comme tout bon scientifique et cartésien, je me suis construit mon référentiel en matière d'accord mets/vins. La base, assez classique, est une matrice, assez simple, en 4 espaces basés sur un axe structure et un axe aromatique, avec un principe accord vs opposition.

Dans la cas présent, la structure joue l'accord, car le gewurz est un vin plutôt doux avec une matière ronde, ample s'accordant bien à la texture du lait de coco. En cela, un Gewurz de base convient. Là ou cela devient interessant, c'est que ce Gewurz de Ginglinger est peu "sucré" en ressentie et surtout possède une finale amer avec une pointe d'acidité finale marquée. Il permet de relever la bouche entre 2 bouchées et donc de dynamiser le plat, c'est une opposition fine, de 2eme degré qui marche bien, mais surtout, permet au vin d'exister en terme de structure et de provoquer un "accord" aromatique.

Car, si la combinaison d'épice du plat se marie correctement au note de fruit exotique du vin, c'est l"amertume du vin qui va réveiller la discrète amertume apportée par le sesame, on est dans l'accord, et du coup relevé les notes florales du vin, qui n'existe pas dans le plat et qui dit floral, dit souvent "léger", aérien, et donc donner à l'ensemble la délicatesse et l'élégance, qui au départ n'est pas dans la structure du plat et du vin !

Voilà, en magnifiant l'un et l'autre, c'est en cela pour moi que l'accord est réussi ! Et oui, je peux bien me prendre la tête et mon petit monde de découverte, de test, de surprise (ici l'impact du côté floral) peut m'amener beaucoup de satisfaction que souvent que je garde personnel, car qui lit ces derniers paragraphes, peut rapidement me prendre pour un dingue

Amicalement, Matthieu